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M. Pierre Laurent attire l'attention de Mme la ministre des armées sur la parution de nouveaux éléments d'information concernant les circonstances qui ont amené la France à intervenir militairement début 2013 au Mali.
Les conséquences désastreuses des frappes franco-britanniques en Libye appuyées par les États-Unis en 2011 ont transformé ce pays en terreau du terrorisme, hébergeant des groupes armés et des mafias, qui viennent y pratiquer librement le trafic d'êtres humains, l'esclavage, le trafic d'armes et de drogue. Les effets néfastes de cette opération militaire se sont fait sentir dans beaucoup de pays africains, dont le Mali.
Par ailleurs selon des informations parues dans la presse notamment, le centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) avait dès 2009 élaboré un projet intitulé « opération requin » qui recommandait une intervention de l'armée française au Mali. Ce projet deviendra réalité début 2013 sous le nom de Serval, constituant ainsi la 42e intervention militaire française en Afrique depuis les indépendances de ces pays. Cette intervention, qui va devenir l'intervention Barkhane, constitue à ce jour également l'opération la plus importante depuis la guerre d'Algérie.
La principale raison avancée par le pouvoir français de l'époque était que des colonnes de djihadistes étaient sur le point de déferler sur la capitale malienne Bamako. S'il est incontestable qu'entre autres pour les raisons précitées la situation s'était dégradée au Mali, comme dans d'autres pays africains, de plus en plus d'acteurs, dont des militaires, estiment que l'armée et le gouvernement français auraient déclenché Serval sur des faisceaux de présomptions plutôt que sur des preuves concrètes des colonnes djihadistes évoquées.
Il lui demande ce qu'elle compte faire en vue de publier les preuves des éléments évoqués pour justifier l'intervention Serval en 2013.
En tout état de cause il est à noter que huit ans après l'intervention française, et ce malgré des victoires tactiques, l'obscurantisme, la violence et la pauvreté n'ont jamais été aussi répandues au Mali comme dans les pays limitrophes. Pour toutes ces raisons il lui demande s'il ne serait pas plus que temps de tourner la page des interventions militaires étrangères dans les pays africains au profit d'une nouvelle réponse africaine et multilatérale en matière de sécurité ainsi qu'un nouvel agenda de coopération plus soucieux de la souveraineté des États concernés et des intérêts des populations locales.
Cette question n'a pas encore de réponse.
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