20 % des enfants ont des activités en dehors de l'école - musique, équitation, etc. - et 80 % n'en ont aucune, principalement en milieu rural. La balle n'est-elle pas dans notre camp ? C'est une dimension qui comporte un aspect financier, mais des choix sont à faire...
Certaines choses ne sont pas bien pensées dans cette loi. Qui doit faire quoi ? Le texte de la réforme comporte un passage sur le statut de l'enseignant. Une soixantaine d'heures sont consacrées à des activités pédagogiques complémentaires (APC). Le flou est tel qu'on finit par opposer les gens les uns aux autres ! J'ai été enseignant durant quarante ans, et je puis témoigner que cette profession cherche à préserver son pré carré. N'aurait-on pu estimer qu'il y avait là une chance de construire de nouvelles activités ? Les enseignants auraient alors pu s'y impliquer...
Le soutien scolaire va à l'encontre même de la réforme, puisqu'on a estimé que la journée de l'enfant était trop longue, l'idéal étant de trois heures et demie. Or, l'on fait du soutien scolaire le soir après la classe, bien que l'on puisse, grâce aux équipements numériques, faire du travail en commun et de la remédiation, qui peuvent être très positifs !
Vous m'avez demandé ce qui m'a poussé à faire du périscolaire dans ma commune. J'ai rédigé le programme de développement durable de celle-ci en 1994, après la crise. Nous nous sommes inscrits dans un programme visant à faire venir de nouveaux habitants, en échange de certains services. On n'attire pas les mouches avec du vinaigre !
J'insiste sur le fait que l'on doit tout faire dans l'intérêt de l'élève, Or, celui-ci disparaît très vite des préoccupations ! Veut-on construire une société basée sur l'intérêt de l'enfant et sur son avenir, ou continuer à ménager les intérêts particuliers, les pressions transversales - hôteliers, restaurateurs, etc. ? On n'en sortira pas ! Il faut faire des choix. Les communes rurales essayent de les faire le moins mal possible !