Le véhicule autonome est très attendu, en particulier en matière de sécurité routière. L’erreur humaine expliquant 90 % des accidents mortels, on attend de lui qu’il permette de réduire drastiquement le nombre de ces derniers. Mais, paradoxalement, il pourra aussi causer l’apparition de nouveaux types d’accidents, comme l’illustre la mort, en juillet dernier, du passager d’une voiture Tesla circulant en pilotage automatique.
Si, demain, la loi d’orientation des mobilités supprime certaines obligations – notamment la présence dans le véhicule d’un conducteur prêt à reprendre les commandes –, la question de la sécurité se posera rapidement, et avec acuité.
Tout comme les conducteurs humains, les véhicules autonomes ne voient pas toujours très bien. Ainsi, l’autopilote du véhicule Tesla accidenté, ébloui par une forte luminosité, n’avait pas repéré la remorque d’un camion…
Pour remédier à ce problème, et comme l’a très bien souligné notre collègue Pierre Médevielle, coauteur du rapport de la commission des affaires européennes, nous devrons faire évoluer nos équipements routiers. Il pourrait être question de créer de nouveaux marquages au sol ou de permettre aux panneaux de signalisation d’émettre des signaux radio à destination des usagers connectés.
Mais, bien entendu, tout cela un coût ! Récemment, devant l’inquiétude des départements, l’État s’est engagé à financer le changement des panneaux, à la suite du passage à 80 kilomètres par heure de la limite de vitesse sur les routes secondaires. Madame la ministre, devra-t-on adapter les équipements routiers au véhicule autonome et, si oui, qu’est-il prévu pour concilier sécurité des usagers et pérennité des finances locales ?