Intervention de Jean Bizet

Commission des affaires européennes — Réunion du 21 mars 2018 à 17h25
Politique commerciale — Proposition de résolution européenne de m. jean-claude requier en vue d'un accord de libre-échange entre l'union européenne et le mercosur : rapport de mm. pascal allizard et didier marie

Photo de Jean BizetJean Bizet, président :

Seules 400 TEC du CETA répondent aux standards européens et sont en capacité d'être exportées, sur un quota théorique de 45 000 TEC, soit 1% ! Telle est la réalité que nous devons expliquer, au-delà de l'émotion.

Cette proposition de résolution, que je vous propose d'adopter ainsi modifiée, sera présentée à la Commission des affaires économiques, avant de devenir une résolution du Sénat.

À l'issue du débat, la commission des affaires européennes a conclu, à l'unanimité, à l'adoption de la proposition de résolution européenne ainsi modifiée :

(1) Le Sénat,

(2) Vu l'article 88 4 de la Constitution,

(3) Vu la Communication de la Commission au Conseil et au Parlement européen du 19 octobre 1994 sur le renforcement de la politique de l'Union Européenne à l'égard du MERCOSUR,

(4) Vu l'accord-cadre interrégional de coopération du 15 décembre 1995 entre la Communauté et ses États membres d'une part et le Marché commun du Sud et ses États membres d'autre part,

(5) Vu les points 11 et 12 du relevé de conclusions du Conseil européen des 20 et 21 octobre 2016,

(6) Vu le rapport au Premier ministre de la Commission indépendante sur l'impact de l'Accord Économique et Commercial Global entre l'Union européenne et le Canada (AECG/CETA) sur l'environnement, le climat et la santé, en date du 7 septembre 2017,

(7) Vu le point 6 de l'axe 3 du plan d'action du gouvernement sur la mise en oeuvre de l'AECG/CETA du 25 octobre 2017,

(8) Vu la déclaration du Président de la Commission du 13 septembre 2017 sur l'état de l'Union,

(9) Vu la déclaration du Président de la République du 11 octobre 2017 à Rungis, et celle à l'ouverture du Conseil européen le 19 octobre 2017 à Bruxelles,

(10) Vu la déclaration du ministre chargé de l'agriculture et de l'alimentation à l'Assemblée nationale le 31 janvier 2018,

(11) Vu la résolution européenne n° 69 adoptée par le Sénat le 21 février 2018 sur les directives de négociation en vue d'accords de libre-échange entre l'Union européenne et l'Australie d'une part et la Nouvelle-Zélande d'autre part,

(12) Considérant les intérêts commerciaux offensifs substantiels, dans les secteurs industriels, agroalimentaires et des services, que les États membres et en particulier la France ont à faire valoir par la conclusion d'un accord équilibré avec le Mercosur,

(13) Considérant toutefois que le projet d'accord de libre-échange avec le Mercosur, selon le niveau des contingents qui serait agréé, risquerait de fragiliser la filière française de l'élevage bovin, ainsi que celles du sucre et de la banane produits dans les territoires ultramarins ;

(14) Considérant que des importations supplémentaires trop élevées pourraient exacerber la concurrence en défaveur du modèle européen de production ;

(15) Considérant que les exportateurs de pays partenaires sont tenus de respecter la totalité du corpus règlementaire sanitaire et phytosanitaire de l'Union pour les produits finis destinés au marché européen ;

(16) Considérant que les capacités de contrôle de l'Union européenne des conditions réglementaires des filières d'exportation des pays du Mercosur pour garantir l'importation sur le territoire européen de produits alimentaires répondant aux exigences sanitaires des consommateurs européens doivent être renforcées

(17) Invite le Gouvernement :

(18) - à ne pas contribuer à précipiter la conclusion d'un accord de libre-échange avec le Mercosur qui contiendrait les germes d'une déstabilisation, d'une part, du marché européen de viande bovine et par ricochet une fragilisation des territoires ruraux, ainsi que, d'autre part, celui des productions ultramarines ;

(19) - à ne pas accepter une demande du Mercosur portant sur un volume d'exportation de viande bovine qui ne serait pas absorbable par le marché européen ;

(20) - à garantir, dans tous les échanges commerciaux entre l'Union européenne et des pays tiers, un haut niveau d'exigence sociale, sanitaire, phytosanitaire et environnementale.

(21) Invite également le Gouvernement à faire valoir au Conseil et auprès de la Commission :

(22) - l'insertion dans le projet d'accord d'engagements des pays partenaires à aligner les pratiques agricoles de leurs filières exportatrices sur celles des pays de l'Union européenne ;

(23) - la définition par la Commission d'une « enveloppe globale » correspondant au montant cumulé maximum d'accès au marché européen, qui soit supportable pour chaque filière pour une période donnée ;

(24) - le nécessaire renforcement d'une part, des capacités d'action et d'enquête de la Commission pour faciliter les audits sanitaires qu'elle conduit dans les pays tiers pour s'assurer du respect de leurs engagements ainsi que, d'autre part, de ses moyens de lutte contre la fraude commerciale ;

(25) - l'insertion dans l'accord de mécanisme de stabilisation ou de mesures de sauvegarde spécifiques, précises et opérationnelles, susceptibles d'être mis en place rapidement en cas de flux d'importations qui risqueraient de déstabiliser des filières sensibles ;

(26) - l'inscription dans l'accord de la protection et la reconnaissance des indications géographiques ;

Nos voisins américains soufflent le chaud et le froid à l'OMC. Il y a 48 heures, ils ont dénoncé le multilatéralisme et s'en prennent aux pays non transparents en matière de soutien interne à certaines filières. Ils proposent de les classer comme membres inactifs de l'OMC. Je souhaite revoir M. Roberto Azevêdo, directeur général de l'OMC, à Genève, et que notre commission soit force de propositions afin que l'Union européenne soit offensive. Les Américains veulent tuer l'Organe de règlement des différends (ORD) en refusant de nommer les successeurs de trois juges frappés par la limite d'âge en septembre 2018 et proposent d'autres solutions. Nous devrions rédiger un avis politique sur les accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux que nous adresserions à Bruxelles.

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