Monsieur le ministre de l’éducation nationale, dans le prolongement de la question posée par ma collègue Céline Brulin, je souhaite vous interroger sur la mise en œuvre des premières épreuves communes de contrôle continu, dites E3C, principale innovation de la réforme du baccalauréat.
Ces épreuves, qui compteront pour 30 % de la note finale du baccalauréat, se déroulent actuellement en classe de première. Cette version hybride entre contrôle continu et examen terminal est dénoncée tant par les enseignants que par les chefs d’établissement, les lycéens et leurs parents.
La réforme est vécue comme constitutive d’une rupture d’égalité entre les élèves, car elle les plonge dans l’insécurité et aboutit de fait à des bacs « locaux ». Ainsi, le baccalauréat n’aurait plus le statut d’examen national qu’il a toujours eu depuis deux siècles.
D’ailleurs, selon les membres du comité de suivi du nouveau bac, les E3C seraient « contraires à l’esprit de simplification de la réforme du bac » et des ajustements doivent être proposés.
À plusieurs reprises, monsieur le ministre, nous vous avons alerté ici sur les difficultés qu’engendrerait toute précipitation dans l’application de votre réforme.
Hélas, on constate depuis le 20 janvier que ces épreuves se déroulent dans l’improvisation. Dans de nombreux lycées, les problèmes d’organisation créent un climat de contestation particulièrement préoccupant, qui perturbe la réussite de nos élèves.
De jour en jour, les tensions s’accroissent et de nombreux établissements ont dû reporter les épreuves.
Monsieur le ministre, il ne s’agit plus de minimiser les difficultés. Qu’attendez-vous pour reconnaître la réalité et corriger les errements de cette réforme ?