Ma question s’adresse à M. le ministre de l’éducation nationale.
Les langues régionales constituent, pour la France, une richesse indéniable à bien des égards. La Délégation générale à la langue française et aux langues de France encourage leur préservation et contribue à leur valorisation.
On comptait jusqu’à récemment plus de 92 000 élèves des premier et second degrés qui suivaient un enseignement en langues régionales, dont les trois quarts dans le service public d’éducation.
Avec la réforme du baccalauréat, des classes de langues dites régionales ont fermé, tandis que d’autres sont en instance de fermeture ; des enseignants, démunis, se retrouvent avec moitié moins d’élèves que l’an passé. Dorénavant, une langue régionale prise en option facultative possède un coefficient minime, trois fois inférieur à celui des langues anciennes, ce qui représente 1 % environ de la note finale du bac.
Il semble donc que la réforme du lycée soit un coup rude porté aux langues régionales.
Pourtant, le président Emmanuel Macron déclarait, le 21 juin 2018 : « Les langues régionales jouent leur rôle dans l’enracinement qui fait la force des régions. Nous allons pérenniser leur enseignement. » Force est de constater que nous sommes aujourd’hui très loin de cet objectif !
On peut donc légitimement s’interroger sur la place qu’entend donner la France à ses langues minoritaires et régionales, pourtant qualifiées de richesse culturelle. En outre, est-il prévu de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, et l’article 30 de la Convention internationale des droits de l’enfant protégeant le droit humain à pouvoir vivre dans sa langue ?