Ma question s’adressait à M. le ministre de la culture et porte sur l’avenir de la presse écrite.
Samedi dernier, le quotidien France-Antilles a fait paraître sa dernière édition, après cinquante-six ans d’existence. Le tribunal de commerce de Fort-de-France a en effet prononcé la liquidation judiciaire du journal sans poursuite d’activité.
Je pense tout d’abord naturellement aux 235 salariés et aux familles impactées : 112 salariés en Martinique, 99 en Guadeloupe et 24 en Guyane, qui travaillaient dans les rédactions et s’inquiètent légitimement pour leur avenir. Toutes proportions gardées, à l’échelle nationale, c’est l’équivalent d’un millier de personnes licenciées dans la plus grande indifférence.
Fondé en 1964, France-Antilles était diffusé à environ 35 000 exemplaires en Martinique, 25 000 en Guadeloupe et possédait une déclinaison pour la Guyane sous le titre France-Guyane. Le journal servait également de lien avec leur territoire pour tous les Guadeloupéens et Martiniquais vivant à Saint-Martin.
La disparition du journal laisse donc ces trois territoires sans quotidien d’envergure, alors que le Président de la République, à l’occasion de ses vœux à la presse le 16 janvier dernier, s’était engagé à soutenir la presse d’outre-mer en difficulté.
Monsieur le secrétaire d’État, plusieurs questions me viennent à l’esprit. Premièrement, pouvez-vous expliquer à la représentation nationale pourquoi l’aide à la presse hexagonale ne s’applique pas à la presse ultramarine ? Deuxièmement, ne pensez-vous pas qu’au regard des situations de plus en plus dégradées dans nos territoires les tribunaux devraient s’attarder plus longuement sur les possibilités de reprise ? France-Antilles a été liquidé en dix minutes chrono !
Enfin, puisqu’il semblerait que ces difficultés iront en s’amplifiant au regard de l’essor du numérique, comment comptez-vous garantir un avenir pour la presse écrite ?