On observe parfois une tension entre un idéal d'égalité entre les pensions et la persistance des mécanismes de solidarité qui viennent rehausser les pensions des femmes. Idéalement, on préfèrerait qu'il n'y ait pas de réversion, car cela signifierait qu'il n'y aurait pas d'écart de pensions de retraite au sein des couples. Comme cela n'est pas le cas (ou pas encore), l'on a besoin d'instaurer des mécanismes de solidarité le temps de parvenir à une égalité réelle. La retraite est un miroir grossissant de toutes les inégalités qui se sont creusées durant la carrière. Il est donc important de conserver les mécanismes de solidarité tant que cela n'est pas résolu.
Par ailleurs, il existe une panoplie de politiques publiques qui pourraient être mobilisées en amont. Le développement du temps partiel, qui est pourtant considéré comme une bonne manière de concilier vie professionnelle et vie familiale, a des effets très négatifs sur la retraite. Il en va de même pour le partage des tâches domestiques et familiales puisque nous savons que les trajectoires professionnelles des femmes et des hommes se décalent complètement à partir des naissances des enfants. Il faut donc réfléchir également à la question de l'accueil des jeunes enfants. Certains pays progressent plus vite que nous sur ce point, comme sur les congés paternité. La répartition des tâches parentales se joue dès les premiers mois après la naissance. L'égalité des retraites suppose donc davantage de politiques volontaristes en amont.