… qui vous a adressé un courrier le 15 mai. Peut-être pourrez-vous nous apporter des éléments en la matière.
Si tout ce qui est en notre pouvoir n’est pas mis en œuvre pour aider ce secteur durant la saison estivale, ils seront nombreux à ne pas réussir à se relever. Nous irons alors tout droit vers une catastrophe économique et sociale.
Le secteur touristique représente, vous l’avez dit, près de 7, 2 % du PIB. Il s’agit d’un véritable moteur pour l’économie française. S’il n’était pas soutenu, les secteurs qui y sont liés, tels que la restauration, l’agriculture, l’artisanat, les transports, la culture et le commerce seraient menacés. Dans un tel scénario, c’est une part bien plus grande du PIB qui serait en danger.
Mon département, la Haute-Savoie, est le deuxième département le plus touristique de France. En l’absence de mesures fortes pour aider le tourisme des quatre saisons – lacs et montagnes – à surmonter cette crise, c’est l’ensemble du système économique du département qui pourrait s’effondrer.
Les secteurs que je viens de citer sont intimement liés et interdépendants les uns des autres. L’absence de soutien à l’un entraînerait la faillite de l’autre. À quoi bon partir en vacances si aucune des activités habituellement disponibles en cette période n’est possible ? Je pense aux visites de musées, aux festivals, aux sorties au restaurant – beaucoup de restaurateurs nous indiquent que, suivant les mesures, ils ne sont pas près de rouvrir –, aux achats d’articles locaux. Comment partir en vacances si les sociétés de transport ne survivent pas ?
Si la mobilisation de près de 18 milliards d’euros par le Gouvernement pour soutenir le secteur touristique est plus que souhaitable, les secteurs qui y sont liés ne doivent absolument pas être oubliés. Il y va de leur survie. L’augmentation du plafond des tickets restaurant pour le secteur de la restauration est déjà un premier pas satisfaisant, mais quelles autres mesures seront prévues pour les secteurs liés au tourisme ?
La prolongation du chômage partiel et du fonds de solidarité n’est pas suffisante. Les entreprises de ces secteurs seront déjà victorieuses si elles réalisent ne serait-ce que 50 % de leur chiffre d’affaires habituel. Comment pourront-elles survivre dans ces conditions, tout en finançant la mise en place des mesures de sécurité ? Elles ont déjà engagé des sommes correspondant à quelques milliers d’euros pour assurer le respect des gestes barrières. Ces dépenses devront être renouvelées chaque mois jusqu’à la fin de l’épidémie. Cela n’est pas viable sur le long terme. Ne serait-il pas envisageable de prendre au moins en partie en charge les frais engagés pour la protection de leurs salariés et de leurs clients ?