Monsieur le ministre, la réouverture des établissements scolaires dans le contexte épidémique que nous connaissons s’avère des plus complexes.
Complexe, elle l’est en premier lieu pour les élus locaux ; chacun de nous a pu mesurer, dans son département, la profonde et légitime inquiétude des maires devant le poids des responsabilités qui pèsent sur eux.
Complexe, elle l’est également pour les responsables éducatifs et les enseignants, compte tenu de la nécessité pour eux de réorganiser totalement l’accueil des élèves et les activités scolaires.
Complexe, elle l’est enfin pour les parents, tiraillés entre le désir de protéger leurs enfants et celui de retrouver une activité professionnelle aussi normale que possible.
Dans ce contexte, qui nous oblige à la rigueur des procédures et à la protection de tous à l’égard du virus, la situation des enfants handicapés est quelque peu passée à l’arrière-plan. Une fois encore, ce sont les plus fragiles que l’on oublie trop facilement lorsque surviennent des circonstances exceptionnelles…
Je voudrais évoquer, sans pathos mais avec réalisme, la situation vécue par Liam, un jeune autiste de 11 ans scolarisé en unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) à Morsang-sur-Orge, dans mon département, et que je suis depuis plusieurs années. Deux mois de confinement auront suffi à lui faire perdre tous ses repères, son environnement matériel et affectif, ainsi que les progrès accomplis au prix de tant d’efforts. Liam présente aujourd’hui des signes de régression et est devenu agressif. Ses parents sont d’autant plus impuissants face à ce drame que le retour en Ulis n’est actuellement pas possible.
Monsieur le ministre, les élèves en situation de handicap faisant partie des publics prioritaires identifiés par l’éducation nationale pour un retour progressif dans les établissements scolaires, dans quel délai les ULIS vont-elles pouvoir rouvrir ? En attendant, comment assurer aux enfants autistes une réelle continuité pédagogique, celle-ci n’ayant pas fait ses preuves jusqu’à présent malgré le dévouement des professeurs, des coordinateurs d’ULIS, des enseignants référents et des personnels médico-sociaux ?