M’associant à ce qui a été dit, je voudrais formuler quelques remarques.
Premièrement, bien que je ne doute pas des chiffres que vous avez présentés – il y a des flux, il est vrai –, nos capacités d’accueil sont saturées : référez-vous, à ce titre, à la situation du département du Val-de-Marne – le cas de la Seine-Saint-Denis a été cité.
Deuxièmement, vous évoquiez l’argument qui pourrait être celui de la commission des finances s’agissant du nomadisme. Je peux vous dire que ce qui nous mobilise à la commission des finances en matière de nomadisme, c’est d’abord l’évasion fiscale, qui fait beaucoup défaut pour les recettes de l’État.
Troisièmement, un autre problème que certains de nos collègues élus départementaux connaissent, est celui de l’état du registre civil français, qui est très différent d’autres pays. Toute une série de mineurs étrangers se trouvent en situation de demander et de faire valider leur minorité et leur isolement, parce qu’il y a des réseaux mafieux ! Il est nécessaire – j’aurais voulu l’entendre ! – que l’État français se mobilise vis-à-vis des pays et de ces réseaux mafieux. Je dispose de chiffres sur ce que cela coûte et sur combien on paye. Je ne doute pas que vous soyez d’accord, mais il faudrait des mots et des gestes forts, notamment dans ce domaine-là.
Enfin, vous avez parlé de diversité entre les départements : je pense, il est vrai, qu’il y a des approches différentes, notamment s’agissant des mineurs isolés en situation de recours, qui représente pour eux une période cruciale. Contrairement aux demandeurs d’asile, ils sont alors sans protection. Or il relève des valeurs de l’État français d’assurer la protection d’un mineur lorsqu’il exerce un recours pour contester une décision portant sur sa minorité ou son isolement.