Intervention de Philippe Folliot

Délégation sénatoriale aux outre-mer — Réunion du 8 juillet 2021 : 1ère réunion
Échange de vues sur le programme de travail de la délégation

Photo de Philippe FolliotPhilippe Folliot :

Nous avons eu avec vous, Monsieur le président, un premier échange sur les différents éléments que nous souhaiterions développer dans notre étude. Selon nous, il faudrait tout d'abord rappeler l'atout que représentent nos outre-mer. C'est grâce à nos territoires ultramarins que la France possède le deuxième domaine maritime mondial : 97,5 % de notre zone économique exclusive (ZEE) est située en outre-mer. Sans ces territoires, la France ne serait pas une puissance maritime digne de ce nom à l'échelle planétaire.

Le deuxième point qui me paraît essentiel est que la France est le seul pays au monde à avoir un domaine maritime qui s'étende sur les trois grands océans (Atlantique, Indien et Pacifique), tant sur des mers chaudes, froides ou des mers « tempérées ». Cette diversité est un élément important.

Une attention devra également être accordée aux enjeux de souveraineté et à la façon dont l'État assume, ou n'assume pas, la gestion de notre domaine maritime. Il nous faudra aussi revenir, même succinctement, sur l'inique traité de cogestion de Tromelin avec l'Île Maurice.

Une fois ce tableau dressé, il serait ensuite intéressant de réfléchir à la notion de routes maritimes et sur la stratégie portuaire à développer pour favoriser les dessertes régionales, en plus des grands flux maritimes intercontinentaux. Le développement de nos ports ultramarins en « hubs » est un enjeu majeur. Les infrastructures doivent être modernisées pour mieux répondre aux flux de marchandises et aux flux de passagers (croisières, etc.).

La valorisation des ressources marines est aussi à mettre en avant. Je pense aux ressources halieutiques, à l'aquaculture mais aussi à la valorisation des algues, qui peuvent servir à la consommation humaine ou animale. Toutes ces richesses de la mer confèrent à la France et à l'Europe une chance et un atout exceptionnel puisque l'humanité aura sans doute besoin de chercher dans l'avenir les protéines nécessaires à sa consommation dans les océans.

Les ressources de la mer incluent également les nodules polymétalliques présents dans les eaux de Clipperton et de Wallis-et-Futuna, ainsi que les hydrocarbures. Ce dernier sujet pose le problème des autorisations d'exploration et d'exploitation, notamment à Juan de Nova dans les Îles Éparses. Il faut également rappeler, s'agissant du plateau continental guyanais, que des exploitations d'hydrocarbures vont être réalisées au Guyana et au Suriname et pas en Guyane française.

Nous devons aussi réfléchir plus globalement à tous les freins existants en matière d'économie bleue. Face à l'atout énorme que représente le domaine maritime des outre-mer, les moyens publics déployés restent insuffisants. J'en veux pour preuve que l'Ifremer compte 95 % de ses effectifs basés dans l'Hexagone alors que 97,5 % de la zone économique exclusive (ZEE) est en outre-mer ! Cela fait partie des points sur lesquels il nous faudra réfléchir, notamment en termes de développement de formations liées à l'économie bleue.

Voilà quelques pistes de réflexion possibles et je laisse mes collègues compléter mon propos. Je ne sais pas si toutes ces thématiques pourront être traitées, mais nous essaierons d'aborder cette étude de la manière la plus large possible.

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