Sur la question des Balkans, au regard de l'allocution du Président de la République à Strasbourg, il me semble que les Italiens n'ont rien à attendre de la présidence française en ce qui concerne l'élargissement de l'Union européenne.
Ensuite, je suis quelque peu en désaccord avec André Reichardt sur l'utilisation de l'argument du plan de relance dans les négociations du Pacte. Trop utiliser ce levier pourrait s'avérer contreproductif. Cette utilisation pourrait même être dangereuse eu égard à la situation politique de l'Italie. De surcroît, la position sur ce sujet des pays de première entrée doit être entendue. Le Pacte présente des limites. Même quand la responsabilité des pays de première entrée était limitée dans le temps, elle était insupportable. Il est donc évident que les dispositions du Pacte sont, sur ce point, davantage une commande franco-allemande qu'une proposition de la Commission européenne destinée à l'ensemble des États membres. Aussi, comment l'imposer aux Italiens ?
En revanche, sur d'autres sujets, Eurodac notamment, nous pouvons parvenir à un accord. Il est préférable que ce paquet de textes soit analysé de manière ciselée afin que nous puissions a minima avancer sur ces derniers.
Enfin, sur le rapport entre la question du développement et des migrations, je souscris pour une fois aux propos de Gérald Darmanin : il ne faut pas imaginer que le développement des pays tiers produira immédiatement des améliorations sur le plan des migrations. Ces améliorations ne seront visibles que sur le long terme. En ce sens, il faut améliorer notre résilience en la matière. La crise biélorusse a montré que des pays qui refusaient la solidarité sont devenus des pays de première entrée. Il ne faut pas non plus que cela conduise à la remise en cause des fondements mêmes de l'asile : c'est tout de même ce qui était proposé dans une certaine mesure par la Commission européenne !