La cause est connue : la crise, plus précisément l’impact de la récession sur la masse salariale et, dans une plus faible mesure, sur les revenus du capital.
Concernant la masse salariale, le calcul est vite fait. Un point de masse salariale représente environ 2 milliards d’euros. Puisque celle-ci devrait reculer de 2 % cette année alors qu’elle avait crû en moyenne de 4, 1 % entre 1998 et 2007, ce sont bien 12 milliards d’euros de recettes qui s’envolent.
Du côté des revenus du capital, la crise financière et la chute des transactions immobilières feraient passer le rendement social du capital de 15, 6 milliards d’euros en 2008 à 12, 2 milliards d’euros en 2009, soit une perte de 3, 4 milliards d’euros.
Ainsi, la dégradation de la conjoncture coûterait plus de 15 milliards d’euros à la sécurité sociale. Autrement dit, l’essentiel de l’emballement du déficit lui serait imputable.
Le caractère essentiellement conjoncturel de l’explosion des déficits sociaux emporte trois conséquences.
Premièrement, il n’y a rien d’étonnant à anticiper une dégradation de la situation encore supérieure l’année prochaine.
Le projet table sur une diminution de 0, 4 % de la masse salariale en 2010 et une perte de recettes de 9 milliards d’euros. Dans ces conditions, au regard de la croissance, même contenue, des dépenses, le déficit augmentera mécaniquement de 7 milliards d’euros, pour atteindre 30, 6 milliards d’euros.