Intervention de Nicole Bricq

Réunion du 15 juin 2006 à 15h00
Politique énergétique de la france — Suite du débat sur une déclaration du gouvernement

Photo de Nicole BricqNicole Bricq :

Par ailleurs, votre projet met en concurrence frontale - c'est son quatrième et dernier inconvénient majeur - deux opérateurs historiques, EDF et GDF, prenant ainsi le risque de déstabiliser EDF sur le marché national - c'est un comble ! - au moment où il doit faire face à de très lourds investissements dans le nucléaire et à de lourdes charges en matière de retraites et de déchets. On fragilise ainsi son développement européen.

En définitive, en agitant la menace de convoitises, tant sur l'énergie que sur l'eau et la propreté, visant directement Suez - comme s'il n'y avait pas, dans une bataille boursière, une part d'intoxication, de bluff et de poker -, vous demandez à votre majorité, à moins d'un an d'une élection cruciale pour le pays, de renier l'engagement qu'elle a pris voilà moins de deux ans : la participation de l'État français dans Gaz de France ne devait pas descendre en dessous de 70 %.

Puisqu'il a été fait allusion ce matin aux prétendues contorsions des socialistes, je vous invite à relire attentivement le passage de mon rapport consacré au grand pôle public de l'énergie dans notre pays. Vous pourrez ainsi comprendre que, entre un pôle public de l'énergie et 100 %, il existe de nombreuses autres possibilités. Mais ce n'est pas ce que vous avez choisi. !

En conclusion, tant d'activisme, sans doute pour montrer que ce gouvernement existe, tant de renoncements sollicités de la part de votre majorité parlementaire sont à désespérer de l'action publique. Il est grand temps que cela change. J'espère que cela sera le cas en 2007.

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