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Mme Frédérique Gerbaud interroge M. le ministre de l'intérieur sur la question récurrente du manque d'effectifs dans de nombreux commissariats situés dans des départements à dominante rurale. La sécurité de la majeure partie des territoires de ce type est assurée par la gendarmerie nationale, l'aire d'implantation de la direction départementale de la sécurité publique se cantonnant à la principale – voire à l'unique – aire de concentration urbaine du département, généralement localisée dans et autour de la ville préfecture. Ne pouvant rivaliser avec les grandes métropoles en termes de chiffre de population ou de densité du tissu urbain, ces zones ne sont jamais considérées comme prioritaires lorsqu'il s'agit de redéployer et d'étoffer le personnel des commissariats. En tant qu'agglomérations, elles ont pourtant leur lot d'incivilités, de délinquance et de criminalité. Les policiers devraient pouvoir y faire face dans des conditions de fonctionnement normales, à plus forte raison si des contraintes supplémentaires pèsent sur leurs épaules. Ainsi, les fonctionnaires du commissariat de Châteauroux doivent à la fois assurer la sécurité au quotidien d'une population de 60 000 habitants et assumer les missions spécifiques et lourdes liées à la présence combinée, dans le département de l'Indre, d'une maison d'arrêt et d'une centrale hébergeant des détenus très dangereux. Actuellement, il manque au moins quatorze fonctionnaires pour permettre à la police nationale de l'Indre d'exercer ses missions essentielles de manière sereine. Ces restrictions sur les effectifs contraignent les policiers à prioriser leurs missions : une logique qui peut amener à retarder des interventions importantes et impose aux fonctionnaires un rythme de plus en plus tendu pour continuer à assurer la sécurité d'ensemble des personnes et des biens, le tout sur fond de recrudescence de la délinquance. Aussi lui demande-t-elle quelles précisions il peut lui fournir sur les engagements, assez vagues car non chiffrés, pris en décembre 2019 par son ministère en faveur des effectifs de la direction départementale de la sécurité publique de l'Indre. Certains départements comparables à l'Indre ont déjà bénéficié de renforts en effectifs, sans que leurs services de police aient à faire face à des contraintes particulières. Elle souhaiterait également savoir si le choix du Gouvernement va consister à amoindrir inexorablement les effectifs des commissariats situés hors des grands zones métropolitaines et si, en conséquence, il faut s'attendre à ce que les départements ruraux basculent à terme en zone Gendarmerie intégrale, villes comprises.
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