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François Bonneau
Question écrite N° 23626 au Ministère auprès du Ministère de l'économie


Accroissement préoccupant des exportations de grumes non transformées vers l'étranger et notamment vers la Chine

Question soumise le 8 juillet 2021

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M. François Bonneau attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance, chargée de l'industrie, au sujet de l'accroissement préoccupant des exportations de grumes non transformées vers l'étranger, et notamment vers la Chine.

Le constat fait par plusieurs professionnels de la filière, et relayé par maintes associations, est sans équivoque. En effet, selon l'association Canopée, en dix ans les exportations françaises de chêne vers l'étranger ont été multipliées par dix, et la moitié de celles-ci ont pour destination la Chine. Et le bilan ne s'arrête pas là, puisqu'en 2019 15 % de la production française de chêne était absorbée par l'empire du Milieu, contre 17,5 % en 2021, alors qu'une année de pandémie mondiale et de stagnation des échanges marque cet intervalle.

Or cette conjoncture n'est pas sans affecter le secteur national du bois et toutes les activités qui y sont affiliées, causant même un effet « boule de neige » qui, à terme, serait susceptible d'amputer une branche, autrefois prospère, de notre économie. Les scieries hexagonales sont dès lors les premières touchées, mais elles entraînent dans leur chute les menuisiers, les charpentiers, les professionnels de la logistique (emballages) et bien d'autres, qui peinent désormais à s'approvisionner en bois français.

Ainsi, pour ne citer qu'un chiffre, en 2017, la fédération nationale du bois annonçait déjà que nos scieries avaient tourné à 60 % de leurs capacités en raison de leur impossibilité à se fournir en bois. Or ce secteur représente 26 000 emplois, seulement pour les scieries spécialisées dans le chêne, principale victime de la ruée chinoise vers le bois français.

S'il y a quelques années, nous aurions pu nous contenter de ce bilan sans en prendre acte, le Gouvernement ne peut aujourd'hui rester stoïque face à une menace qui se veut grandissante, et dont l'issue est malheureusement plus que prévisible. En effet, les circonstances sont telles que croire qu'un changement de situation est possible, sans intervention de l'État, est chimérique. Et pour cause : la Russie a sonné le glas de ses exportations de bois non transformé vers la Chine pour le début de l'année 2022. C'est donc sans trop de risque que l'on peut présumer une augmentation exponentielle de la demande chinoise vers les producteurs français. En plus de cela, la récolte de chêne annoncée pour l'année 2021 est nettement inférieure aux prévisions ce qui ne manquera pas d'aggraver la situation de la filière bois française (1,2 million de m3 contre 1,7 annoncés).

En somme le modèle économique libéral autour duquel gravite la France ne doit pas nous détourner de nos impératifs nationaux, et la préservation de notre autonomie en bois est l'un d'entre eux. C'est pourquoi il lui demande quels moyens elle entend mettre œuvre pour enrayer cette pénurie imminente, et contribuer à la sauvegarde de milliers d'emplois.

Réponse

Cette question n'a pas encore de réponse.

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