Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, le 17 octobre 1961, il y a cinquante et un ans, de nombreux Algériens répondaient à l’appel de la fédération de France du Front de libération nationale les invitant à manifester pour protester non seulement contre la guerre, mais aussi contre un couvre-feu discriminatoire qui ne touchait que ceux que l’on appelait alors les Français musulmans.
Ce rassemblement était pacifique, mais il s’agissait aussi de montrer la détermination des manifestants à ne pas subir des mesures discriminatoires au faciès et à mettre fin au colonialisme en Algérie, ce colonialisme qu’Aimé Césaire qualifiait d’« aliénation ».
À l’époque, on ne bravait pas impunément l’autorité de l’État ; emprisonnements et intimidations seraient à l’évidence de la partie. Personne cependant n’imaginait le déchaînement de violence qui allait avoir lieu.
Devant des manifestants dont les effectifs grossissaient d’heure en heure, les policiers firent preuve, sur instruction du préfet d’alors, un certain Maurice Papon de sinistre mémoire, d’une violence peu commune.