Dans le secteur industriel, et plus particulièrement la construction navale, une multitude de PME sous-traitantes interviennent généralement sur les gros chantiers aux côtés de l'entreprise principale, qui réalise parfois à peine la moitié de la valeur ajoutée totale de la commande. Cela montre que la performance industrielle est collective. L'intérêt bien compris et la responsabilité de la grande entreprise est donc de garantir la pérennité de ce tissu productif. Pourtant, on observe qu'en bas de cycle économique, chaque entreprise est plutôt laissée à elle-même, ce qui menace la capacité collective à rebondir lorsque le cycle d'affaires reprend.
Le développement de notre force industrielle implique donc que nous apprenions à créer des coopérations dans la durée, capables d'assurer le passage des phases économiques défavorables. Cela n'est pas facile, il faut en convenir. Renforcer le tissu industriel dans une filière, cela passe notamment par la capacité à faire grandir les PME pour les transformer en ETI. Il y a, nous le savons tous, un déficit du nombre d'ETI dans notre pays : elles sont 4 600 en France contre 12 000 en Allemagne. Une des difficultés, c'est que cette croissance de la taille implique souvent des changements au niveau de la structure du capital, en passant de PME indépendantes à des ETI intégrées dans des groupes. La crainte de la dilution voire du transfert du contrôle du capital font souvent obstacle à ce mouvement. Je voudrais avoir votre sentiment sur cette question, monsieur le médiateur.
Plusieurs l'ont déjà souligné : la médiation souffre d'un déficit de notoriété. Elle se heurte aussi au fait qu'il est difficile pour les PME économiquement dépendantes d'y avoir recours contre de grands groupes. Il est donc indispensable de la banaliser, ce qui passe par une communication beaucoup plus forte à l'échelle des régions, des départements et même des bassins d'emploi.
Mon troisième point concernera la formation. Élargir la formation dont bénéficient les salariés des grands groupes en direction des PME, n'est-ce pas aussi un moyen de diffuser, de créer une culture de filière et de coopération ? Cela peut faciliter la mobilité des personnels et contribuer à renforcer les liens.