Seulement voilà, il faut vouloir sortir du modèle dominant !
Cette démarche aurait la triple vertu de préserver la santé de nombre de nos concitoyens, de préparer notre industrie à l’économie de l’avenir et de faire des économies.
Monsieur le Premier ministre, il n’y a pas que le Gouvernement qui veuille faire des économies ; tout le monde a conscience de leur nécessité, personne ne souhaitant transférer de la dette aux générations futures en accroissant les déficits. La question n’est donc pas celle-là, mais plutôt celle-ci : comment fait-on des économies à la fois substantielles et porteuses de sens ?
À cet égard, il faut savoir que l’extinction de la filière diesel s’accompagnerait de la disparition de la niche fiscale associée, laquelle s’élève à 7 milliards d’euros par an, ainsi que d’une baisse potentiellement très importante des dépenses de santé, la pollution de l’air, à laquelle le diesel concourt pour une très large part, notamment en ville, occasionnant, d’après le commissariat général au développement durable, de 20 milliards à 30 milliards d’euros de dépenses de santé par an !
Je sais que cette question sort du débat : on aide les entreprises, on fait la croissance, puis on embauche, y compris à bas coût, et on s’engage dans la compétition au niveau international, on construit de grands aéroports… Effectivement, nous vous encourageons à sortir de cette pensée dominante. Je ne vous demande pas d’adhérer tout de suite à nos positions, mais d’essayer d’avoir une écoute attentive, y compris sur nos territoires, dans nos régions.
Mes chers collègues, vous qui êtes aussi des élus locaux, nous vous proposons une vision de l’économie qui mérite votre attention.
Dans cet esprit, nous avons accueilli avec grand intérêt la proposition du Gouvernement de revoir la politique de remboursement du médicament – je sais que M. le secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, présent ce soir parmi nous, connaît bien ce sujet –, non pour ajouter de nouvelles franchises pénalisant les patients, mais pour mettre fin à la gabegie que représente le remboursement des médicaments en France, notamment du fait de l’absence de recours systématique aux génériques et de la politique, pour le moins discutable, de l’Agence nationale de sécurité du médicament, laquelle distribue avec largesse ses autorisations de mise sur le marché pour faire plaisir à l’industrie pharmaceutique. Cessons des débats : il y a des économies !
Ma collègue du Parlement européen Michèle Rivasi propose à ce sujet une réforme simple qui permettrait de dégager à court terme la bagatelle de 10 milliards d’euros par an, ce qui correspond à la somme envisagée par le Gouvernement.
Sur ce sujet, monsieur le Premier ministre, vous le voyez, nous pourrions travailler de concert à la réduction des dépenses. Nous sommes d’ailleurs en mesure de vous proposer beaucoup d’autres gisements d’économies. Ainsi, la lutte contre la pollution de l’air, je le répète, est susceptible de nous faire économiser plusieurs dizaines de milliards d’euros par an ; une maladie comme le diabète, dont l’épidémie coûte 15 milliards d’euros par an à la sécurité sociale, pourrait être profitablement combattue par une politique de prévention proactive en matière de nutrition ; le déficit de notre balance commerciale, du même ordre de grandeur que notre facture énergétique, soit autour de 70 milliards à 75 milliards d’euros, se résorberait si la France, qui investit trois fois moins que l’Allemagne dans les énergies renouvelables, rattrapait progressivement son retard.