Selon le Haut Conseil, la croissance potentielle risque d’être durablement faible pour plusieurs raisons : déficit de compétitivité, euro fort et chômage élevé. La faible inflation a en outre pour conséquence d’augmenter les taux d’intérêt réels, donc de limiter l’accélération de la croissance, et renchérit le coût de la dette.
Les hypothèses de croissance s’avèrent donc surestimées pour la fin du quinquennat. §
Selon les économistes de Natixis, avec une croissance de 0, 6 % en 2014, de 1 % en 2015 et les années suivantes, les dépenses publiques devraient alors baisser de 2, 1 % en volume pour satisfaire l’objectif de recul des dépenses publiques de 3 points de PIB à l’horizon 2017. Il faudrait alors diminuer les dépenses publiques non plus de 50 milliards d’euros, mais de 85 milliards d’euros.
En outre, les 50 milliards d’euros d’économies sur trois ans sont constitués pour une part de mesures qui ne sont pas nouvelles. Je rappelle que le gel des dépenses en valeur, donc la baisse en volume, déjà respecté depuis plusieurs années, avait été engagé par notre ancienne majorité ; le gel du point d’indice des fonctionnaires en 2015 et 2016 est également la poursuite d’une mesure mise en place depuis 2010 – son prolongement est d’ailleurs en contradiction avec les propos de Mme Lebranchu, ministre de la fonction publique, qui avait annoncé, en janvier 2014, que ce gel ne durerait pas toute la législature.
Par ailleurs, ces 50 milliards d’économies sont en réalité une baisse équivalente appliquée à une hausse tendancielle estimée à 35 milliards d’euros par an, soit 105 milliards d’euros sur trois ans. En réalité, il s’agit donc d’une réduction d’un peu moins de la moitié de la hausse prévue des dépenses. C’est déjà bien, mais c’est insuffisant !
Ce plan d’économies ressemble donc à un plan de colmatage, alors qu’il faudrait un plan d’économies structurelles. Il faut réformer le marché du travail et la formation professionnelle, il faut supprimer les 35 heures, il faut aller plus loin dans les réformes des retraites et de la sécurité sociale.