Le programme 110 est réparti entre les Finances et les Affaires étrangères. Cette cotutelle nous laisse perplexes. Je comprends que Jeanny Lorgeoux et Jean-Marie Bockel souhaitent la création d'un ministère de plein exercice.
Nous soutenons le recours aux financements innovants : nous avions déposé le premier amendement relatif à la taxe sur les transactions financières. Nous espérons que les recettes seront conformes aux attentes. Les ministres, avec un sanglot dans la voix, nous parlent de retour à bonne fortune, tandis que les mauvaises fortunes s'accumulent. Quelles garanties avez-vous ? Avec la crise leur rendement risque d'être inférieur aux prévisions, comme pour la loi de programmation militaire. N'a-t-on d'autre choix que d'attendre un retour à bonne fortune ?
Il manque entre 200 et 500 millions à notre aide bilatérale en Afrique. Nous avons maintenu notre contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, mais ne cessons de voir notre contribution à d'autres fonds reculer, ainsi du PNUD. Nous multiplions les participations au risque de faire du saupoudrage : que peut-on faire avec les 19 millions alloués au Fasep ?
Où en est-on sur la question des fonds propres de l'AFD ? Les ratios prudentiels sont déjà atteints dans certains pays comme le Maroc. Elle intervient dans 110 pays. Là aussi, ne faudrait-il pas concentrer notre aide ? Voyez le Royaume-Uni qui a supprimé son aide à l'Inde ! Le Cicid a décidé de concentrer 85% de notre aide sur l'Afrique. Les sommes allouées à d'autres pays ne dépassent pas quelques millions d'euros, soit la moitié du budget d'investissement de la commune de 17 000 habitants que j'administre. L'objectif des 0,7% relève de l'incantation, alors que le Royaume-Uni l'a atteint. Pourquoi ne pas concentrer notre aide sur les seize pays les plus pauvres ? On le dit ? On le fait ! Est-il utile d'aller se promener au Kazakhstan, même si cela ne coûte pas cher ?