Intervention de Claude Kern

Réunion du 17 février 2016 à 14h30
Débat préalable à la réunion du conseil européen des 18 et 19 février 2016

Photo de Claude KernClaude Kern :

En jouant ce jeu, nous mettrions le doigt dans un engrenage inéluctable, celui de la dislocation de l’Union européenne, « vendue à la carte » à tout État membre qui le jugerait pertinent pour des raisons d’équilibre politique intérieur.

Mes chers collègues, posons-nous la bonne question : quelle est la légitimité du Royaume-Uni pour exiger que nous renoncions à notre projet pour l’Europe ?

Battons-nous pour éviter la sortie du Royaume-Uni, qui mettrait en péril la cohésion de l’Union européenne et créerait de nouvelles tensions entre l’Angleterre et l’Écosse, profondément europhile. Sauvons le soldat Royaume-Uni, mais pas à n’importe quel prix !

Aujourd’hui, ce prix est inacceptable. Il l’est d’autant moins que David Cameron, j’en suis convaincu, fait un « coup de bluff » pour obtenir le maximum de concessions, au détriment de l’entité Europe.

Avant, cela n’aurait déjà pas été supportable ; dans le contexte international actuel, l’Europe ne peut souffrir aucune entorse à ses principes fondamentaux. Ce serait la fragiliser, alors qu’elle a au contraire besoin d’être renforcée, car elle est aujourd’hui à un nouveau tournant de son histoire, dans un entre-deux qui explique qu’elle suscite fascination et rejet, nourrisse espoirs et frustrations.

L’Europe unie est le seul vecteur d’une autre mondialisation, plus progressiste et plus humaniste. L’Union européenne a besoin d’un nouveau projet, d’une nouvelle étape, celle de l’intégration politique. C’est la condition pour répondre aux crises que nous traversons et pour faire de l’actuelle « Europe entité économique » une « Europe puissance », capable de peser dans les affaires du monde.

La seule manière de sauver l’Europe et de lui donner véritablement du sens, c’est de la sortir de l’ornière dans laquelle elle s’enlise. Il devient urgent de poser les bases d’une véritable Europe politique.

Aussi, monsieur le secrétaire d’État, au-delà de la question du Royaume-Uni, je souhaite connaître votre position, voire l’état des éventuelles discussions, sur la création d’une Europe intégrée pour les États membres qui souhaitent aller plus loin en la matière.

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