Elle n’existe pas dans tous les pays, loin de là… Et nous supprimerions, sous le coup de l’émotion, en quelques heures, ce que nous avons acquis au cours des siècles ? C’est très grave !
La prolongation de l’état d’urgence n’est donc pas une mesure anodine.
Monsieur le secrétaire d’État, beaucoup de propositions ont été faites. Le Parlement a travaillé depuis les attentats de Charlie Hebdo. La commission d’enquête de l’Assemblée nationale a rendu un rapport formulant des propositions concrètes pour améliorer notre lutte contre le terrorisme. L’urgence est désormais de réfléchir à de véritables réponses à moyen et long termes.
Je l’ai déjà exposé hier dans mon intervention, nous devons analyser les causes de ces attentats, les comprendre et construire une politique pour apporter une réponse globale et efficace.
Au niveau international, riposter sans aucune vision stratégique ne résoudra rien. Toutes les nations doivent agir de concert sous l’égide de l’ONU pour empêcher la progression de Daech.
Dans nos politiques publiques, plutôt que de se limiter à la répression, renforçons les moyens humains et matériels. Soutenons les associations, les enseignants, les éducateurs. Agissons dans l’éducation et la culture – cela a été dit hier ! –, car elles sont le meilleur filtre pour lutter contre le fanatisme et empêcher de nouveaux recrutements.
L’État islamique veut nous diviser en jouant sur nos peurs, en nous faisant restreindre nos libertés, en fissurant petit à petit ce qui fait notre force : la solidarité, la fraternité. Ne tombons pas dans leur piège.
Monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, je crains que ce texte ne résolve pas le problème, mais ne fasse qu’en donner l’illusion.
J’ai apprécié le discours de vérité du Gouvernement, mais désormais il faut revenir avec lucidité sur l’ensemble de causes qui poussent à cette violence. Il convient de définir un plan d’action par rapport au terrorisme qui soit mis en œuvre dans le cadre d’un État de droit qui évolue, mais qui est respecté.
Nous sommes dans une société malade et violente, en proie au racisme, à la division et aux inégalités. C’est sur ces maux-là qu’il faut agir de toute urgence. Si nous ne nous penchons pas sur ces problèmes, nous continuerons à subir une société de plus en plus violente, et la réponse sécuritaire sera vaine.
C’est non pas seulement notre organisation policière qu’il faut réformer, mais notre organisation sociale tout entière !