Intervention de Jean-Yves Le Drian

Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées — Réunion du 16 février 2022 à 16h30
Audition de M. Jean-Yves Le drian ministre de l'europe et des affaires étrangères

Jean-Yves Le Drian, ministre :

Le Mexique est un de mes sujets favoris. Nous avons créé un conseil stratégique franco-mexicain qui se réunit tous les ans - une fois à Paris, une fois à Mexico. C'est le seul en présence des chefs de l'État. J'ai participé à cinq ou six conseils stratégiques de ce type, y compris lorsque j'étais ministre de la défense.

Je me suis rendu au Mexique le 21 décembre. À chaque fois, je rencontre longuement le Président de la République ; nous avons une relation de grande confiance et de grande efficacité économique. Il y a beaucoup d'entreprises françaises présentes au Mexique. Ce pays a subi une pandémie assez forte, et est soumis aux gangs et aux trafiquants, notamment dans le nord du pays, où ils sèment la terreur. Je me suis aussi rendu à Monterrey en décembre pour discuter de cela avec le gouverneur. Nous avons une relation d'une grande confiance avec Marcelo Ebrard, le secrétaire des relations extérieures, qui était à Paris avant-hier, et se trouve à Brest pour le sommet des océans. Nous avons une relation très forte, y compris aux Nations unies, avec ce pays. Cela nous permet de faire avancer un certain nombre d'objectifs à la fois culturels, économiques et humanitaires.

Nous continuons à travailler pour la Birmanie. La situation reste extrêmement difficile à la fois sur le plan humanitaire et sur le plan sécuritaire. Des personnalités essentielles, comme Aung San Suu Kyi, restent toujours emprisonnées. Une réunion se tiendra à Bruxelles sur la Birmanie et sur de possibles sanctions. Nous avons supprimé tout soutien aux programmes gouvernementaux, et continuons à soutenir la société civile. Nous sommes en train d'essayer de convaincre l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) pour qu'elle pèse contre la junte au pouvoir. J'ai rencontré à Jakarta le secrétaire général de l'Asean. La semaine prochaine, nous organisons dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne un forum indopacifique. J'aurai une réunion de travail mardi avec l'Asean.

Le Président de la République souhaite que la haute fonction publique soit davantage ouverte, mobile, paritaire, et ait une diversité de formation. Il souhaite une évolution des carrières beaucoup plus souple et plus partagée. Il y a aussi la réalité des métiers, et en particulier la réalité du corps diplomatique. J'ai obtenu quatre garanties majeures : d'abord, le concours d'Orient sera maintenu et sera une voie d'accès directe et spécifique au Quai d'Orsay. Le ministère des affaires étrangères en maîtrisera les modalités d'organisation. Il y aura donc une filière professionnelle clairement identifiée dans l'ensemble du corps des administrateurs qui sera la filière diplomatique, considérée comme un métier. Ensuite, l'accès des secrétaires des affaires étrangères - essentiels pour le bon fonctionnement du Quai - au corps des administrateurs sera favorisé. Troisièmement, j'ai obtenu la garantie que les conseillers des affaires étrangères et les ministres plénipotentiaires actuels qui feront le choix de ne pas devenir des administrateurs de l'État ne seront pas pénalisés. Enfin, j'ai obtenu la garantie que les agents qui ont fait le choix de la diplomatie, quel que soit leur statut ou leur concours, auront la possibilité d'accomplir toute une carrière au Quai d'Orsay. Tout en respectant les principes voulus par le Président de la République, nous avons pu faire comprendre la spécificité du métier de diplomate. La diplomatie, c'est un métier mais c'est aussi une vocation, un comportement, un engagement. Elle doit être reconnue comme telle.

Je voudrais rendre hommage à tous les diplomates que j'ai connus durant ces périodes difficiles : la crise afghane a été un combat de sang-froid impressionnant, mais également le rapatriement de 370 000 compatriotes de l'étranger au début de la crise du coronavirus. C'était le fait des diplomates. De même, ce sont eux qui sont en train d'essayer de sortir de la crise iranienne après des négociations qui durent depuis dix mois : nos diplomates sont en permanence à Vienne pour faire avancer le sujet.

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