Intervention de Hervé Berville

Réunion du 4 octobre 2022 à 21h30
Abysses : la dernière frontière — Débat sur les conclusions du rapport d'une mission d'information

Hervé Berville  :

Monsieur le président, monsieur le président de la mission d’information, monsieur le rapporteur, mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs, je tenais à faire un court propos liminaire, d’abord pour vous remercier de la qualité de ce rapport, qui porte sur un domaine sur lequel nous connaissons pourtant très peu de choses.

Vous avez mené plus d’une soixantaine d’auditions – 69 pour être tout à fait précis ! –, et fait un certain nombre de déplacements, dont un en Norvège. On voit dans ce rapport la patte d’un connaisseur de la mer et de ses enjeux en termes tant de préservation de la biodiversité marine que de valorisation de ce patrimoine. Vous avez mis, monsieur le rapporteur, au cœur des enjeux pour la Polynésie, les territoires ultramarins et la France la nécessité de faire de la mer et des questions maritimes un moyen de lutte contre le changement climatique et un enjeu de souveraineté.

Le Gouvernement et tous ceux qui travaillent sur cette belle politique ont pris connaissance des recommandations. Avant de répondre à vos questions, mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs, je voudrais revenir sur trois points de clarification.

Premier point, il y a un pilote dans l’avion : c’est le Président de la République, qui affirme avec force une ambition dans ce domaine. Comme il a eu l’occasion de le rappeler lors de différents sommets, notamment la Conférence des Nations unies sur les océans à Lisbonne, mais aussi dans cette belle région de Bretagne que, comme lui, nombre d’entre vous connaissent bien ici – notamment le président de la mission d’information –, la connaissance des fonds marins et de l’océan est un enjeu crucial.

Le pilote dans l’avion, c’est aussi l’instance de décision qu’est le Comité interministériel de la mer (CIMer) au sein duquel a d’ailleurs été prise la décision de faire de l’exploration des fonds marins une priorité.

La deuxième clarification, que vous avez apportée – et je vous en remercie – avec un peu d’avance sur le Gouvernement, c’est que nous ne devons pas, et que nous n’allons pas, nous engager dans la voie de l’exploitation. La stratégie du Gouvernement et de tous les acteurs concernés est guidée par la volonté d’améliorer la connaissance, et de développer l’exploration et la recherche scientifique. Nous allons avancer dans cette voie, en incluant bien sûr tous les territoires – j’y reviendrai –, notamment ultramarins.

Troisième et dernier point de clarification, que je veux indiquer d’emblée, l’enveloppe consacrée à ce qui représente une aventure entrepreneuriale nationale, puisque nous allons devoir mobiliser nos industriels s’agissant notamment de la partie militaire, est dotée de 350 millions d’euros – 352 millions si l’on inclut quelques petits crédits dispensés dans différents ministères. Cette enveloppe importante est le signal politique que nous faisons de l’exploration des fonds marins un sujet prioritaire.

Mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs, je vous remercie d’être présents ce soir pour discuter de ce magnifique sujet qui a trait à la souveraineté, à l’urgence écologique et à notre capacité à répondre aux grands enjeux, pour nos concitoyens et pour les générations suivantes.

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