Intervention de Christian Cambon

Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées — Réunion du 28 février 2023 à 17h30
Audition de M. Sébastien Lecornu ministre des armées

Photo de Christian CambonChristian Cambon, président :

Monsieur le ministre, merci d'être présent pour la troisième fois devant notre commission. Nous vous entendons aujourd'hui sur deux thèmes importants : le projet de loi de programmation militaire (LPM) et la guerre en Ukraine et ses conséquences.

S'agissant de la LPM, le Président de la République en a donné les principales orientations lors de son discours du 20 janvier dernier. Mais de nombreuses interrogations subsistent. Sur le calendrier, tout d'abord : quand ce projet de loi sera-t-il présenté en conseil des ministres ? Que reste-t-il à arbitrer au cours des prochaines semaines ? Sur le fond, ensuite : le chef de l'État a annoncé une enveloppe de 400 milliards d'euros, à laquelle viendraient s'ajouter 13 milliards de ressources extrabudgétaires. Ces montants sont importants et bienvenus. Bien sûr, l'effort réel dépendra aussi de l'inflation. Mais surtout, ce niveau de dépense nous permettra-t-il de faire face à la montée des périls ?

Nous souhaitons, par ailleurs, que la LPM et son rapport annexé soient aussi précis que possible sur l'articulation entre le contexte stratégique, les contrats opérationnels des armées et les cibles en matière de capacités, de soutien, de préparation opérationnelle, de disponibilité, etc. Ces données sont absolument indispensables au Parlement, pour l'exercice de son pouvoir de contrôle, et la tendance ces dernières années est à une baisse de la qualité de l'information dont disposent les parlementaires. L'effort annoncé sur les domaines transversaux, tels que le spatial ou le cyber, est indispensable.

Enfin, la guerre d'Ukraine ne doit pas être notre unique boussole, mais elle pose néanmoins certaines questions quant à notre capacité à affronter un conflit de haute intensité. Nos armées ont été éreintées par trente ans de « dividendes de la paix ». Par rapport à certains de nos partenaires, nous voyons bien que nos volumes d'aide à l'Ukraine ne sont pas très extensibles. Le rapport récent de nos collègues Cédric Perrin et Jean-Marc Todeschini a montré qu'il fallait remonter en puissance dans le domaine des feux de longue portée, ainsi que sur les munitions, la logistique... non pas parce que nous risquerions d'être envahis demain matin, mais pour affronter la dégradation du contexte géopolitique dans toutes les régions du monde où la France est présente, et pour pouvoir rester un allié exemplaire au cas où la situation viendrait à se dégrader encore en Europe. Il y a aussi un enjeu de puissance : nous voyons bien que l'effort de défense considérable de la Pologne renforce rapidement son poids politique en Europe, en particulier en Europe de l'est.

Monsieur le ministre, nous souhaiterions enfin en savoir un peu plus sur le volet normatif de la LPM. J'imagine que cet aspect-là est bien avancé.

Mais avant d'aborder ces sujets, peut-être pourriez-vous nous dire un mot des annonces faites hier par le Président de la République lors de son discours sur l'avenir de notre relation avec l'Afrique. Le président a évoqué en particulier une transformation des bases des forces prépositionnées, dont les effectifs seraient diminués et qui seraient désormais cogérées avec nos partenaires africains : pouvez-vous nous en dire plus ? Nous sommes en effet très attentifs à ces implantations, qui assurent une présence permanente et ont déjà subi de sévères déflations au fil des années.

Je vous rappelle que cette audition est captée et diffusée en direct sur le site Internet du Sénat.

Monsieur le ministre, vous avez la parole !

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