Merci beaucoup pour votre analyse. Je vous propose d'aborder la question de l'avenir de la zone euro.
La zone euro est tenue par des règles budgétaires qui ont implosé pour répondre à la pandémie. La crise a réveillé les clivages entre le sud en difficulté économique et budgétaire et les autres pays. La France parle souvent de réforme, mais n'en engage pratiquement jamais. Par conséquent, la crédibilité de l'euro repose surtout sur l'Allemagne, qui en retour bénéficie beaucoup de l'euro. L'euro ne pourrait exister sans l'Allemagne et sans la position de prêteur en dernier ressort qu'a adoptée la BCE. La politique monétaire européenne ne pourrait éviter une nouvelle crise des différentiels (spreads) de taux si la BCE se voyait interdire de racheter des titres de dette souveraine.
Fondamentalement, la zone euro n'est pas une zone monétaire optimale. Elle ne peut survivre durablement sans une mobilité du travail et du capital, et sans des transferts budgétaires pour compenser l'asymétrie entre États membres. Je crois que nous continuons à porter ce péché originel de la création de la zone euro. Or l'Allemagne se refuse à voir le fonds de relance comme l'embryon d'un budget de la zone euro.
Dans ce contexte, l'éclatement de l'euro est-il inéluctable à vos yeux ?
Je vous propose de prendre la parole à tour de rôle.