S'agissant du moratoire, il me paraît important pour le moment d'avancer dans la connaissance des grands fonds marins, d'un point de vue géologique, océanographique, et en ce qui concerne la faune et la flore. Avant toute décision éventuelle sur l'exploitation, il me paraît indispensable de faire progresser les connaissances. L'ensemble des êtres vivants qui vivent dans ces conditions si particulières ont sûrement beaucoup de choses à nous apprendre.
Concernant l'après-mine, vous savez que nous gérons les anciens sites miniers français pour le compte de l'État. Le BRGM travaille également beaucoup sur la notion de mine responsable : comment peut-on concevoir, au XXIe siècle, une mine qui n'ait plus grand-chose à voir avec Zola, mais où l'on se soucie de l'impact environnemental au moment de l'exploitation et dans la phase de post-exploitation, et où l'on se préoccupe d'intégrer les populations locales dans la gouvernance et la coconstruction du projet ?
C'est un prérequis pour une véritable réappropriation de l'activité minière. Ces principes devraient s'appliquer de la même manière dans les grands fonds marins ou à terre. La déclinaison concernant les grands fonds marins n'est pas prête, mais la réflexion sur les principes pour une déclinaison à terre est en train de s'établir, avec une véritable volonté d'harmoniser ces approches à l'échelon européen, afin que cela devienne un référentiel commun, notamment dans le domaine de la batterie. Vous savez qu'un tel règlement est en discussion. L'enjeu est de pouvoir contrôler nos importations aux frontières sur ces bases.