L'article 3 facilite la généralisation des dispositifs de partage de la valeur dans les entreprises d'au moins 11 salariés et de moins de 50 salariés, qui ne sont pas soumises à l'obligation de mettre en place un régime de participation.
Nous l'avons dit, nous considérons que ces dispositifs sont accessoires et qu'il est avant tout nécessaire d'augmenter les salaires. Mais, dès lors que le Gouvernement envisage d'associer les salariés aux résultats de l'entreprise, nous ne comprenons pas pourquoi la rapporteure de la commission des affaires sociales du Sénat préfère attendre 2025 pour mettre en place l'obligation de partage de la valeur.
Nos collègues députés, moins scrupuleux que les membres de la majorité sénatoriale lorsqu'il s'agit d'amender le texte de l'accord national interprofessionnel, avaient avancé l'entrée en vigueur de l'obligation en l'appliquant aux exercices ouverts après le 31 décembre 2023 ; la majorité sénatoriale choisit d'en revenir à la date du 31 décembre 2024.
Nous proposons quant à nous de rétablir l'échéance fixée par l'Assemblée nationale au 31 décembre 2023 afin de ne pas pénaliser davantage les salariés, qui perdent chaque mois du pouvoir d'achat en l'absence d'une revalorisation de leurs salaires.
Mes chers collègues, je rappelle que dans certains territoires la vie est de plus en plus difficile. À La Réunion, 36 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Valoriser le travail, c'est rendre un peu de dignité à ceux qui font la richesse de notre pays, notamment à ceux, d'autant plus méritants, qui travaillent dans des territoires structurellement frappés par la vie chère.