Intervention de Bruno Retailleau

Réunion du 31 janvier 2024 à 15h00
Déclaration du gouvernement suivie d'un débat

Photo de Bruno RetailleauBruno Retailleau :

Et vous allez de nouveau contourner le Parlement, cette fois sur l’AME, en passant par la voie réglementaire. Le Parlement n’a jamais été aussi diminué, à coups d’ordonnances qui ne sont plus ratifiées, à coups de règlements et de lois qui ne sont plus appliqués, à coups de 49.3 !

Mes chers collègues, ne voyez-vous pas le problème d’une telle pratique institutionnelle ? Certes, ces instruments de coercition sont dans la Constitution. Mais le général de Gaulle comme Michel Debré croyaient non pas à la concentration des pouvoirs dans les mains d’un seul, mais, au contraire, pour reprendre la formule de Debré, à la « collaboration des pouvoirs ». Aujourd’hui, Emmanuel Macron use de ses pouvoirs coercitifs sans la contrepartie, c’est-à-dire le recours au peuple, par le référendum ou de nouvelles élections. Voilà ce qui déséquilibre notre vie politique et notre démocratie !

Et, sur la vision de la politique, je vous renvoie à une formule du général de Gaulle : « La politique, […] c’est l’action pour un idéal à travers des réalités. »

L’« action » a désormais été supplantée par la communication. C’est terrible ! Plus la politique est impuissante, plus elle se perd dans la surcommunication. Quand on veut trop crever l’écran, la politique en crève !

L’« idéal » est battu en brèche par l’opportunisme. Mes chers collègues, le débauchage ne fait de bien ni à la démocratie ni à la politique !

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