Intervention de Philippe Richert

Réunion du 14 janvier 2009 à 21h30
Situation au proche-orient — Déclaration du gouvernement suivie d'un débat

Photo de Philippe RichertPhilippe Richert :

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, la situation à Gaza et dans le sud d’Israël dont nous sommes les témoins depuis trois semaines est dramatique.

Nous sommes entrés dans un contexte de guerre. Comme toute guerre, celle-ci ne peut qu’être insupportable et susciter l’émotion, voire l’indignation, de la communauté internationale et de chacun d’entre nous.

Mes collègues m’ont fait l’honneur de me réélire, hier soir, à la présidence du groupe interparlementaire d’amitié France-Israël du Sénat. J’ai pu dire, à cette occasion, combien je suis, comme vous tous, accablé par cette situation et par ses conséquences pour les populations civiles, accablé par ces blessés que l’on compte par milliers, ces morts par centaines, en grande partie des enfants, par les images terribles relayées par les médias ces derniers jours.

Toute guerre est un drame humanitaire. La situation si particulière de Gaza démultiplie l’impact du conflit sur les populations civiles : la population, dont la densité est exceptionnellement élevée – près de 4 000 habitants par kilomètre carré –, vit recluse sur un territoire exsangue, qui subit depuis des années les contraintes de l’isolement, sur les plans économique et politique.

Comme vous l’avez souligné, monsieur le ministre, lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies du 8 janvier dernier, « l’heure est à la gravité ».

L’heure est également à l’urgence absolue, pour que cessent au plus vite ces violences. La réaction de la France, par la voix du Président de la République, et de la communauté internationale est à cet égard à saluer. Elle a été à la hauteur, dès le départ, de la gravité et de l’urgence de la situation.

Cependant, le combat est encore loin d’être achevé, et l’engagement déterminé de la France, de l’Europe, des Nations unies et des pays arabes voisins d’Israël sera décisif dans les jours, les semaines et les mois à venir.

J’ai souhaité intervenir à l’occasion de ce débat, monsieur le ministre, pour que nous n’occultions pas, derrière ce drame humain qui frappe Gaza, la situation elle aussi intolérable que subissent les populations du sud d’Israël.

Depuis 2001, près de 6 000 tirs de roquettes et d’obus – imaginons ce que cela peut représenter ! – ont frappé le sud du Néguev. Ces tirs se sont intensifiés depuis que le Hamas contrôle la bande de Gaza. Les « alertes rouges » font partie du quotidien de 250 000 civils israéliens qui vivent à portée de missiles Qassam, Katiousha et Grad devenus de plus en plus puissants : avec les progrès technologiques, leur portée dépasse désormais quarante kilomètres, si bien qu’ils peuvent désormais toucher près d’un million d’Israéliens, soit un habitant du pays sur sept. Qu’en sera-t-il demain ?

À Sderot, ville de 25 000 habitants, les sirènes retentissent parfois plusieurs dizaines de fois par jour. La peur fait partie du quotidien des familles, ce qui entraîne des traumatismes psychologiques chez les enfants, notamment. Aucun État ne tolérerait qu’une partie de sa population vive ainsi dans l’insécurité permanente et la peur.

Le Gouvernement israélien déploie des moyens considérables pour protéger sa population dans le sud du pays, avec la construction d’abris anti-bombes dans les immeubles ou le blindage des salles d’école. Ces efforts ont permis de limiter les pertes humaines du côté israélien, ce en dépit de la recrudescence des tirs de roquettes depuis la fin de la trêve de six mois, déclarée officiellement par le Hamas le 19 décembre.

Cette réaction sécuritaire d’Israël à l’égard de ses populations civiles ne peut constituer une solution durable et viable. Elle n’a été d’ailleurs que le prélude à une riposte militaire qui engage la région dans un nouveau cycle de violences et compromet les espoirs de parvenir rapidement à une paix durable.

Israël paie un prix fort, subissant ces dernières semaines un assaut de critiques, largement relayées dans les médias et auprès de l’opinion publique. La « martyrisation » de Gaza, où tout laisse à penser que prévaut une logique d’exposition des populations civiles sur une logique de protection, …

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