Ces désajustements, qui reposent sur des images souvent surannées mais persistantes, sont révélateurs d'un déficit d'information. Il apparaît que les connaissances tant des enseignants que des parents et des élèves eux-mêmes sur les exigences et les contenus des filières professionnelles et des différents métiers sont aujourd'hui trop floues et partielles.
Or, pour aider les élèves à bâtir un projet éclairé de formation, il est impératif que chacun ait connaissance de ces contenus. Comment cela sera-t-il pris en compte dans la rénovation de la formation des enseignants et dans l'information aux parents ?
En outre, ne serait-il pas utile de renforcer l'attractivité de séries méconnues et boudées, et de diffuser plus largement les enquêtes telle que celle qui a été réalisée par le comité européen pour le rapprochement de l'économie et de la culture montrant les disparités d'insertion professionnelle qui existent entre les différentes spécialités ?
L'option de découverte professionnelle sera proposée à la rentrée 2005 aux élèves de troisième. Je souscris à cette volonté d'inscrire la connaissance professionnelle au sein de la culture scolaire, comme vous venez de nous l'indiquer monsieur le ministre. Toutefois, j'avoue rester encore perplexe quant aux contenus et aux modalités d'enseignement de cette option.
Par exemple, les élèves qui auront fait le choix de l'option de six heures au détriment d'une deuxième langue conserveront-ils la possibilité d'intégrer une classe de seconde générale ? Il serait préjudiciable, en effet, que cela aboutisse à la création d'une nouvelle filière d'orientation précoce des collégiens en difficulté. J'ai bien entendu votre proposition de « classe passerelle ». Concrètement, pouvez-vous nous en dire davantage ? En outre, il me semble primordial de réhabiliter en amont le travail manuel auprès des plus jeunes écoliers.
En second lieu, alors que l'ambition de votre gouvernement, dans le cadre du plan de cohésion sociale, est de porter le nombre d'apprentis à 500 000 d'ici à, 2009, soit 150 000 de plus en cinq ans, quelle sera la participation de l'éducation nationale à cette ambitieuse politique ? En effet, son implication est essentielle pour garantir la réussite et la qualité de cette filière spécifique qui permet à des jeunes, en marge du système scolaire, d'accéder à une qualification et à un emploi.
Toutefois, j'attirerai votre attention sur deux nécessités. D'une part, il faut s'assurer que les périodes en entreprise ne soient pas détournées de leur finalité pédagogique première, par un encadrement approprié des jeunes et des liens plus resserrés entre formateur et maître d'apprentissage. D'autre part, il convient de réaliser la complémentarité entre les offres d'apprentissage et d'enseignement professionnel. Cela renvoie à la question du statut social des lycéens professionnels pour lesquels une formation en apprentissage rémunérée peut apparaître, de façon concurrente, plus attractive.
Quelle sera, monsieur le ministre, la réponse de l'éducation nationale à ces interrogations ?
J'aborderai pour finir la situation de la mission générale d'insertion, la MGI, qui propose des actions personnalisées à des jeunes de plus de 16 ans en difficulté scolaire. Si j'ai constaté avec satisfaction les efforts engagés dans le présent projet de loi de finances pour remédier à la situation de précarité que connaît la MGI, je reste inquiète quant à la pérennité des moyens tant financiers qu'humains dont dispose cette structure. En effet, la majorité de son personnel n'est pas titulaire - parfois, les contrats sont de moins d'un an ! - alors que ses missions requièrent la stabilité et la cohésion des équipes d'encadrement et de suivi des élèves.
Je souhaiterais insister sur l'importance de la mission de prévention de la MGI. A ce titre, quel bilan peut-on tirer de la stratégie de rénovation initiée en 2002 visant à assurer une meilleure intégration des actions de la MGI à l'activité des établissements scolaires ? Quelles en seront les suites données ?
Telles sont les quelques questions que je souhaitais vous poser, monsieur le ministre, à l'occasion de l'examen des crédits de l'enseignement technologique et professionnel pour 2005.
Je conclurai mon propos en indiquant que la commission des affaires culturelles a donné, contre les conclusions de son rapporteur, un avis favorable à l'adoption de ces crédits.